- Entre deux
- Cho Mihee-Nathalie Lemoine
- 1998.04.02-18
- Centre culturel français de Séoul
Qui suis-je ? Cette question que chacun se pose au moins une fois dans sa vie est quasiment un leitmotiv pour Mihee-Nathalie Lemoine. ..
Aujourd’hui, elle expose au Centre culturel français de Séoul une série de tableaux à la fois inspirés de la culture coréenne et de toutes ces influences complémentaires et contradictoires qui lui viennent de sa francophonie et des incontournables valeurs anglo-saxonnes. Sur un épais papier de riz blanc éclatant les couleurs criardes d’un pop art inattendu. Grâce à la surface accidentée du support, l’application devient un travail graphique mais aussi une réflexion sur la matière, sur l’opposition a priori d’un papier brut et naturel face à une peinture sophistiquée. Elle manipule les contrastes, l’humour et la provocation. Quand elle se lance dans la calligraphie, ce sont des fœtus ou un cordon ombilical qui apparaissent. Quand elle parle de beauté, elle l’associe à la «laideur».
Elle joue avec les mots, dans sa peinture comme dans ses titres, emmène le visiteur dans un grand rébus où se croisent le français, le coréen, l’anglais et le chinois. Le mélange des caractères et des symboles asiatiques avec la technique occidentale est-il le signe d’une réconciliation, le reflet d’un équilibre atteint ? Mihee-Nathalie Lemoine ne peut s’exprimer qu’à travers un art interculturel, évidemment, dont la période coréenne sera une des multiples facettes.
Son besoin d’espace et d’expériences pourrait l’emmener au Canada, terre idéale s’il en est, ou tout au moins pays “neutre” pour une artiste déracinée. Mais auparavant, elle doit réaliser deux projets qui lui tiennent à coeur. D’abord elle souhaite assurer le lancement d’une ONG dont elle vient d’être nommée présidente, la «Han Diaspora» dont le but est d’aider juridiquement et socialement les Coréens adoptés à vivre en Corée. Et enfin tourner ce documentaire sur lequel elle travaille depuis sept ans, traitant des 200 000 Coréens adoptés en Europe et en Amérique du Nord depuis 45 ans.
— Corinne Leclerq (COURRIER DE CORÉE, juin 1998)





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